Lieu de création
Chaises grises, chaises noires.
La main d'Agnès avec ses deux bagues dorées,les lunettes d'Agnès, ses cheveux sages et son grand classeur avec ses secrets.
Stries de lumière sur les stores entrouverts.
Michel qui écrit avec beaucoup de mots.
René qui écrit en regardant les photos.
Des ombres passent, on entend des pas.
Des souvenirs passent, le cauchemar passé :
" C'était sur des trottoirs avec un grand marché peut-être des légumes. J'allais d'un stand à l'autre et de partout je me faisais insulter " puis c'était le réveil matin.
Pourtant je rêve d'écrire le journal d'un fou, si j'écris ne pas le mettre sur internet. Provocation, accusation, mais je n'accuse personne, je constate. Me méfier ou continuer à oser.
L'autre il crie dans la rue noire, encore un qui fait du volume.
On pourrait me dire :
" Allez vous rhabiller "
" On s'en fout de tout ça "
" Fermez la "
" Foutez nous la paix "
" Foutez la paix aux malades "
Les mots sont coupés à cause des stores; qui a-t-il de masquer ? A quoi ça sert les enseignes ?
Vitrines noires, murs blancs, voitures et motos, piéton avec un tee-shirt blanc, fenêtres noires, encadrements blancs, enseignes vertes.
Sculpture de la fontaine fragmentée derrière les stores gris.
Trois tabourets attendent les lecteurs des livres blancs.
Le vieil homme passe et marche difficilement.
L'olivier de la place est barré de stries grises horizontales.
Les photos attendent un jour meilleur, un jour où elles me parleront.
Les gamins sifflent et l'autre laisse son moteur de voiture en marche au stationnement.
Des femmes passent rue Pêcherie...