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paysages et écriture
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27 mars 2011

L'aventure

C'est quand la grande aventure ? c'est la question sans réponse, pas d'argent et puis les parents à qui on doit obéir ; que c'est ennuyeux de ne pas être un garçon, elle serait parti, il n'y aurait pas eu tant 
d'obstacles, que c'est triste cette vie monotone avec les animaux silencieux, avec les arbres bien taillés, avec toutes les plantes sauvages qu'on appelle nuisibles comme la nielle des blés, les bleuets et les coquelicots. Tout juste si les pissenlits on le droit de vivre, on abat les haies, on rase les talus, on bêche le petit coin secret où l'enfant a semé des fleurs. Il reste la combe avec ses quatre mille ares, ses fourrés, ses très hauts peupliers d'Italie et les bâtards plus accessibles à l'enfant pour jouer.
L'enfant grandit, il lit des aventures dans cette revue pour petites filles sages mais l'imagination est fertile.
Elle aussi ira en Afrique, en Afrique noire bien sûr ! que de bon travail en perspective parmi les petits enfants.
Elle ne doute de rien, elle ne pense pas se marier, une aberration quand il y a tant d'enfants à aider, quand l'Afrique a faim et l'attend !
Elle n'a jamais hésiter, sûre qu'elle serait capable, sûre que le coeur suffirait, elle ne sait pas qu'il y a les problèmes de langues et de cultures, halte à la colonisation, halte à l'exportation du modèle français.
Elle ne sait pas que chaque pays a ses coutumes, sa religion, sa morale, sa philosophie, sa politique.
Elle rêve, elle ne sait rien ou ne veut rien savoir !
Quand elle est partie en Algérie avec une naïveté évidente, elle ne connaissait rien sinon sa prise de position pour l'Algérie algérienne. Quand elle a vu la misère, quand elle a deviné la corruption, quand elle a vu la complexité des problèmes et les infirmières en coopération qui paraît-il étaient payées le double des algériennes, elle a réagi ; non , elle ne pouvait accepter cette misère terrible ; non, cela dépassait ses possibilités, et puis la demande de coopération traînait...
Elle revient au Maghreb avec son mari, elle traverse les pistes avec sa coccinelle, le bébé dans son ventre commence l'aventure...
Elle revient quand le bébé a un an, elle part avec la famille visiter le village de Tabarka, il n'y a aucun hôtel sur la plage, toute la mer est à nous mais le soleil est de plomb, elle n'a pas l'habitude, insolation pour le bébé, ce n'est pas malin, 41 degrés au milieu de la nuit malgré catalgine et doliprane. Pas de médecin ; à l'hôpital on lui donne une poudre enveloppée dans un journal, faut-il faire confiance ?
Le lendemain, injection de pénicilline, les infirmières ont-elles bien stérilisé leurs matériels, un doute, pourquoi n'a-t-elle pas amené ses seringues, elle en avait l'intention !
Bonne guérison , mais le neveu du même âge est renvoyé par les infirmières avec une bonne algarade après deux jours de traitement. A qui vont profiter les boîtes de pénicilline et personne n'ose protester , c'est comme ça, les pauvres qui ne paient pas font les frais de la corruption.
Ensuite, elle ne reviendra pas avant onze ans, elle verra des changements, elle jouera aux touristes mais elle reviendra vite vers la famille, même quand la maison est pleine, même quand il fait froid et humide et que la pluie tombe devant la chambre à coucher, un trou dans la terrasse pour laisser passer l'air pendant les étés torrides. Elle regrette la grande cour ensoleillée, tout est construit, tout est humide et froid.
Cinq ou six ans après, elle repart avec son mari. Un ras le bol complet, des soucis, des problèmes et toujours coincés par le surendettement. Alors puisqu'elle a reçu de l'argent inattendu, il faut respirer !
Mais l'oncle a été appelé, il commande avec notre argent, il veut conduire la voiture de location, il est omniprésent, il lui achète même des pacotilles en cadeau !

( vers l'an 2000 )

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