Voyages en Tunisie
Bien raté ce voyage, la petite maison de Sousse ne fait pas l'affaire de la belle mère et du mari. La bière et le vin coulent à flots dans la maison aux triples rideaux...
Cinq ou six ans après, on repart en voiture bien chargée, il paraît qu'une petite maison de deux pièces nous attend à Tabarka. Un crédit encore, et oui, car le mari est condamné à brève échéance ; il a décidé cela, acheter une petite maison d'occasion, son rêve qu'il n'a jamais pu réaliser, un petit logis dans son pays, pour ses enfants. Elle s'est engagée encore contre toute prudence !
Déception, cette maison n'est pas au bord de la mer, tout est cassé par le locataire : robinetteries, carrelage, chasse d'eau, portes, fenêtres et serrures.
On habite là, peut-être arriverons- nous à faire les papiers d'achat. Notaire ou avocat, tous demandent du temps, ils veulent tout contrôler ; ils ont raison, inutile d'acheter une maison vendue plusieurs fois ou autres arnaques....
Enfin, le contrat d'achat est fait dans les règles ! pour l'eau et l'électricité, c'est une autre paire de manches...
Elle fait le médecin et l'infirmière et on se repose en attendant... des photos au bord de mer, des couchers de soleil, des essaies de pêche.
Le mur est gris et haut, on ne voit que le ciel et pourtant envers et contre tout , on ose espérer.
Tabarka : boisson de l'eau, chauffage à l'électricité, nourritures et fruits.
Tabarka : la mer qui va peut-être nous engloutir...
Tabarka : le mur gris et noir - le vide de la terrasse, le vide où on espère ne pas glisser - l'enlisement dans la boue de janvier, le froid et la solitude.
Merci au jeune coursier très courageux.
Merci au voisin qui nous a apporté un peu de réconfort, ce voisin rencontré à la plage avec son fil à pêche et qui habitait derrière notre maison.
Merci à ses enfants qui nous ont fait oublier notre tristesse profonde.
Et puis, après l'opération réussie, la cité avec la maison dans le ciment et la poussière, les réparations, les élévations, le mobilier, tout cela en cinq ou six séjours.
Et maintenant, plus d'ouvrier, on va pouvoir voyager.
Et maintenant, plus de bruit de marteau, on va pouvoir écrire...
( vers l'an 2000 )