Odeurs diverses
Tabarka embaume le jasmin et Ain-Draham embaume les pins, l'odeur des chênes liège et des eucalyptus.
Quelques villages perdus dans la montagne sentent le fumier de moutons et de vaches. Tout le nord de la Tunisie sent l'humidité et si on entre dans les petits ports de pêche c'est les odeurs de poissons et parfois de vase.
Amdoum c'est l'air pur et sec, la pierre, les chardons mais aussi les hindies et les melons jaunes si parfumés.
Tunis est invisible aujourd'hui, elle baigne dans un brouillard jaune avec une sale odeur de pétrole.
Le désert sent la pierre qui craque et parfois l'argile qui se fendille mais il sent surtout l'odeur caractéristique des beignets, la spécialité de Ghomrassen et puis on trouve de l'eau stagnante dans des oueds tristes ou dans des excavations ahurissantes.
A Fernana c'est les eucalyptus et vers Kairouan les piments séchés en chapelets.
Vers Sousse, Sfax et aussi Zarzis c'est l'odeur des olives avec les moulins à huile.
A Gabès, les palmiers n'ont pas d'odeur car on est incommodé par celle des phosphates avec leurs poussières blanches.
A Medenine, il ne faut pas avoir peur avec tous les gros camions qui traversent la ville et qui puent le pétrole ; la cour intérieure de l'hôtel casse un peu le bruit des mastodontes. ça sent aussi les épices, des odeurs mélangées qu'on ne peut déterminer, rien à voir avec les marchés du nord.
Un peu partout, il y a l'odeur de la fabrication du pain qui donne faim...
Un peu partout, dans le sud, il y a l'ombre et la lumière qui se poursuivent, il y a les ocres divers et toutes ces pierres érodées par l'eau depuis des millions d'années !